Leptospirose

– Zoonose due à des spirochètes du genre Leptospira, touchant de nombreux animaux domestiques ou sauvages (en particulier les rongeurs et principalement le rat d’égout).

– La contamination humaine est indirecte (contact de la peau excoriée ou des muqueuses avec de l’eau contaminée par des urines animales, lors de baignades par exemple) et plus rarement directe, par contact avec les animaux infectés.

LeptospiroseSignes cliniques :

Le diagnostic est difficile en raison de la diversité des tableaux cliniques. On distingue habituellement la forme modérée (la plus fréquente, d’évolution favorable) et la forme sévère (avec atteintes viscérales multiples).

Forme modérée

• Après une à 3 semaines d’incubation : syndrome grippal (fièvre élevée, frissons, céphalées, myalgies) souvent associé à des troubles digestifs (anorexie, douleurs abdominales, nausées, vomissements) et parfois pulmonaires (toux, douleurs thoraciques). Autres signes : hémorragie conjonctivale, hépato-splénomégalie, adénopathies multiples. Un ictère discret peut-être présent mais cette forme est le plus souvent anictérique.

• Les signes régressent après 5 à 6 jours, puis réapparaissent, avec parfois syndrome méningé pouvant se compliquer d’encéphalite ou de myélite.

Forme sévère ou syndrome de Weil

Le début de la maladie est identique aux formes moins sévères de leptospirose. Après quelques jours, atteinte hépato-rénale infectieuse aiguë avec fièvre, ictère, insuffisance rénale avec oligo-anurie ; syndrome hémorragique diffus (purpura, ecchymoses, épistaxis, etc.), signes pulmonaires (toux, douleurs thoraciques, hémoptysie) ou cardiaque (myocardite, péricardite).

Laboratoire :

– Isolement par culture des leptospires dans le sang, le LCR (en 1ère phase) ou les urines

(en 2ème phase).

– Sérodiagnostic : immunofluorescence ou ELISA (les anticorps sont retrouvés à partir du 8ème jour).

– Numération-formule sanguine : hyperleucocytose franche à polynucléaires.

– En cas de syndrome méningé : la ponction lombaire montre un liquide clair avec le plus souvent une lymphocytose et protéinorachie voisine de 1 g/litre.

– Urines : protéinurie, leucocyturie, parfois hématurie et cylindrurie.

Traitement :

– Repos et traitement de la fièvre : paracétamol PO

L’acide acétylsalicylique (aspirine) est contre-indiqué (risque hémorragique).

– Antibiothérapie à débuter le plus tôt possible :

Forme modérée

amoxicilline PO

Enfant : 50 mg/kg/jour à diviser en 2 ou 3 prises pendant 7 jours

Adulte : 2 g/jour à diviser à diviser en 2 ou 3 prises pendant 7 jours

ou

doxycycline PO (sauf chez la femme enceinte ou allaitante et l’enfant de moins de 8 ans)

Enfant de plus de 8 ans : 100 mg/jour à diviser en 2 prises pendant 7 jours

Adulte : 200 mg/jour à diviser en 2 prises pendant 7 jours

ou

érythromycine PO

Enfant : 50 mg/kg/jour à diviser en 2 ou 3 prises pendant 7 jours

Adulte : 2 à 3 g/jour à diviser en 2 ou 3 prises pendant 7 jours

Forme sévère

ampicilline IV

Enfant : 100 mg/kg/jour à diviser en 3 injections

Adulte : 4 à 6 g/jour à diviser en 3 injections

Passer à la voie orale dès que possible avec amoxicilline pour compléter 7 jours de traitement.

ou

érythromycine IV

Enfant : 50 mg/kg/jour à diviser en 3 ou 4 injections

Adulte : 2 g/jour à diviser en 4 injections

Passer à la voie orale dès que possible pour compléter 7 jours de traitement.

Prévention :

– Eviter les bains si notion d’endémie.

– Lutte contre les rats, assainissement, hygiène de l’eau.

– Vaccination uniquement pour les professionnels exposés.

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Administrateur et rédacteur en chef du site Medical Actu

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