Marqueurs de l’infartus du myocarde – myoglobine, troponines et isoenzyme de la créatine-kinase

 

Indications. Principe :

La nécrose myocardite se révèle d’abord par des signes de souffrance du muscle cardiaque et plus particulièrement du myocyte qui comprend plusieurs types de protéines :

– cytoplasmiques : ce sont les enzymes comme les transaminases, la créatine-kinase ou la lacticodéshydogénase ;

– à fonction métabolique : la myoglobine, impliquée dans la contractilité du muscle, comme la troponine et la myosine.

Lorsque la nécrose entraîne la lyse cellulaire des myocytes, des substances normalement intracellulaires sont libérées vers l’exterieur. Ainsi, et en premier, les protéines de plus bas poids moléculaire (PM), à savoir la myoglobine, de PM 17 800, puis la troponine, de PM 37 000, et l’isoenzyme de la créatine-kinase, de PM 86 000.

Marqueurs de l'infartus du myocarde - myoglobine, troponines et isoenzyme de la créatine-kinaseTechnique :

Prélèvement de 5 mL de sang sur tube hépariné, chez un patient non à jeun.

Réalisé en moins de 15 minutes, il permet de diagnostiquer un infarctus de myocarde (IDM), sous réserve que le prélèvement ne soit pas effectué avant la première heure suivant l’IDM, quitte à refaire l’examen en cas de doute.

Résultats :

Présente dans les muscles striés, c’est d’abord la myoglobine qui est libérée en cas de nécrose myocardique : son taux s’élève dès la première heure qui suit l’atteinte cardiaque, avec un pic entre la 10e et la 12e heure et une normalisation dès la 24e heure.

Les troponines constituent l’appareil contractile du muscle : elle comptent trois sous-unités : la TnT est spécifiquement cardiaque ; son taux s’élève vers la 3e heure avec un maximum à la 10e h ; un deuxième pic plus tardif existe, mais la normalisation doit se faire avant le 10e jour (un taux est normal s’il est inférieur à 0,1 µg/L et pathologique s’il est supérieur à 0,5 µg/L) ; un maintient de taux significatif après 10 jours permet de faire le diagnostic rétrospectif d’IDM.

L’isoenzyme de la créatine-kinase est, elle, plus spécifique que la créatine-kinase (CK), pas aussi précose que la myoglobine et moins spécifique que la troponine. Parmi les trois isoenzymes de la CK, la plus performante est la CK-MB (taux normal de 5 à 10 µg/L) : l’élévation débute ) la 4e heure, le pic se situe entre la 10e et la 24e heure, et la normalisation entre le 3e et le 4e jour.

Si l’on suspecte une atteinte myocardique, si la myoglobine est élevée : c’est un IDM.

Si une douleur cardiaque est suspecte, si la myoglobine et la troponine sont élevées, les douleurs nécessitent une prise en charge rapide.

En cas de suspicion, on doit hospitaliser pour traitement un patient présentant un taux élevé de myoglobine : il peut souffrir d’un IDM ou d’un traumatisme musculaire important… En cas de doute sur un IDM datant de 10 jours, une troponine encore forte marque l’atteinte cardiaque ancienne.

Le dosage de ces marqueurs trouve enfin sa justification après thrombolyse : si leur taux se maintient élevé, la reperméabilisation n’as pas été suffisamment efficace.

Coût :

B60.

Le dosage de la myoglobine est pris en charge par l’Assurance maladie, ce qui n’est pas le cas des dosages de la troponine (BHN70) et de l’isoenzyme de CK (B50), examens classés hors nomenclature et non remboursés à ce jour.

Conseils pratiques :

Un taux élevé de myoglobine signe un IDM.

Un taux élevé de troponine et de myoglobine nécessite une prise en charge hospitalière rapide.

Un faux positif peu être constaté (par les CPK) en cas de traitement hypolipémiant comprenant des statines.

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Administrateur et rédacteur en chef du site Medical Actu

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