Diagnostic et classification du diabète

Les critères diagnostic du diabète :

Diagnostic et classification du diabèteGT-OMS*, 1998 (2011)

Le sujet présente des symptômes de diabète (polyurie, polydipsie, perte de poids inexpliquée) et une glycémie au hasard ≥ 11,1 mmol/l (2,00 g/l) ;

– Ou la glycémie à jeun (aucun apport calorique depuis au moins 8 h) est ≥ 7,0 mmol/l (1,26 g/l) ;
– Ou la glycémie est ≥ 11,1 mmol/l (2,00 g/l) deux heures après l’ingestion de glucose (75 g) au cours d’une HGPO.

– Ou une HbA1c ≥ 6,5% par une méthode validée.

L’anomalie de régulation du glucose regroupe l’hyperglycémie modérée à jeun (IFG) et l’intolérance au glucose (IG).

L’hyperglycémie modérée à jeun

(IFG) est dé nie lorsque :

La glycémie à jeun est ≥ 6,1 mmol/l (1,10 g/l) et < 7,0 mmol/l (1,26 g/l).

L’intolérance au glucose (IG) est dé nie lorsque :

La glycémie à jeun est < 7,0 mmol/l (1,26 g/l), et la glycémie, 120 min après l’ingestion de glucose (75 g) est ≥ 7,8 mmol/l (1,40 g/l) et < 11,1 mmol/l (2,00).

Tests diagnostiques :

1- Glycémie :

Les valeurs-seuils pour le diagnostic du diabète sucré sont choisies de manière à séparer les sujets à risque sensiblement accru de certaines complications spéciquement dues au diabète (c’est- à-dire micro-angiopathies) des sujets ne présentant pas de risque particulier.

Ces valeurs seuils sont assez proches des meilleures estimations statistiques des valeurs qui séparent les deux courbes de distribution sous-tendant la distribu- tion bimodale des concentrations plas- matiques de glucose.

Le diagnostic de diabète dépend en partie du type de test effectué (glycémie à jeun ou HGPO).

La reproductibilité de la glycémie à jeun est bien plus élevée que celle de la glycémie à 2 h dans une HGPO (~6% vs ~17%). Conséquence : un nombre non négligeable de sujets sont parfois reclassiés lorsqu’on leur refait une HGPO.

La glycémie à 2 h lors d’une HGPO donne fréquemment une plus grande prévalence du diabète que la glycémie à jeun.

La glycémie à 2 h est un meilleur facteur prédictif de la morbidité/mortalité cardiovasculaire que la glycémie à jeun.

Malgré ses limites, l’épreuve d’HGPO reste un outil indispensable pour le diagnostic des anomalies cliniquement signi catives du métabolisme du glucose.

2- Peptide C :

Le dosage du peptide-C en clinique est utile particulièrement chez certains jeunes patients diabétiques pour la classi cation et la prévision des besoins en insuline.

L’application la plus rapide et la plus pratique est le test au glucagon simpli é.

Le matin à jeun, un échantillon sanguin basal est prélevé pour mesurer le taux de référence de peptide-C. On effectue alors une injection i.v. de glucagon (1 mg) et, 6 minutes plus tard, un autre dosage du peptide-C.

Un taux > 0,6 nmol/l (ou 1,8 ng/ml) à 6 minutes est sensible et spéci que pour prédire l’absence de besoins en insuline pendant un an, pour les diabétiques de Type 1 comme de Type 2.

Par ailleurs, la même valeur seuil peut être utilisée pour sélectionner, parmi les diabétiques de Type 2 sous insuline, ceux qui peuvent arrêter l’insuline sans risque et remplacer l’insulinothérapie par d’autres formes de traitement.

3- Anticorps :

Les anticorps d’intérêt clinique majeur dans le diabète de Type 1 sont :

–  Les anticorps dirigés contre les cellules des îlots de Langerhans (ICA).

–  Les auto-anticorps anti-insuline (IAA)

–  Les anti acide glutamique décarboxylase (GAD).

–  L’anti IA-2 (protéine des cellules ayant une homologie avec la famille de la tyrosine phosphatase).

–  ZNT8 : anticorps anti transporteur de zinc.

–  Les ICA, les IAA et les anticorps anti- GAD et anti-IA-2 sont détectables chez la plupart des diabétiques de Type 1, surtout pendant la phase préclinique et au début du diabète clinique, et constituent la principale preuve du processus immunitaire conduisant à la destruction des cellules ß chez un patient donné.

Classification :

GT-OMS, 1998

Formes associées /défauts

Causes

Diabète de Type 1

Destruction des cellules ß, conduisant généralement à une carence absolue en insuline, Auto-immun et Idiopathique.

Diabète de Type 2

Peut aller d’une insulinorésistance prédominante,
avec carence insulinique relative à un défaut de sécrétion prédominant, avec ou sans insulinorésistance.

Défauts génétiques altérant la fonction des cellules ß

Chromosome 20, HNF-4 α (ex-MODY 1)

Chromosome 7, glucokinase (MODY 2)

Chromosome 12, HNF-1 α (ex-MODY 3)

Chromosome 13, IPF-1 (MODY 4)

Mutation 3243 de l’ADN mitochondrial

Défauts génétiques altérant l’action de l’insuline

Insulinorésistance de type A

Lepréchaunisme (syndrome de Donohue)

Syndrome de Rabson-Mendenhall

Diabète lipo-atrophique

Maladies du pancréas

Maladies du pancréas exocrine

Pancréatopathie fibro-calculeuse

Pancréatite

Traumatisme/pancréatectomie

Endocrinopathies

Syndrome de Cushing

Acromégalie

Phéochromocytome

Glucagonome

Hyperthyroïdie

Somatostatinome

Pharmaco – ou chimio-induit

Acide nicotinique

Glucocorticoïdes

Hormones thyroïdiennes

α-stimulants

ß-stimulants

Thiazidiques

Dilation

Pentamidine

Vacor

Interféron α

Infections

Rubéole congénitale

Cytomégalovirus

Formes rares de diabète auto-immun

Syndrome de l'”homme raide”

Anticorps anti-récepteurs de l’insuline

Autres syndromes génétiques parfois associés au diabète

Trisomie 21

Maladie de Friedreich

Chorée de Huntington

Syndrome de Klinefelter

Syndrome de Laurence-Moon-Bardet-Biedl

Myotonie dystrophique (maladie de Steinert)

Porphyrie

Syndrome de Prader-Labhart-Willi

Syndrome de Turner

Syndrome de Wolfram

Autres formes

Cancer

Mucoviscidose

Hémochromatose

Diabète gestationnel

Découvert pendant la grossesse

PS : Le diabète à début cétosique du sujet africain est non classé.

 

Le syndrome métabolique :

•Il existe plusieurs définitions du syndrome métabolique, le choix s’est porté sur celle de l’IDF (Fédération Internationale du Diabète) qui est basée sur des critères simples.

Définition du syndrome métabolique selon l’IDF :

Définition

Tour de taille + 2 des 4 autres critères

Tour de taille élevé

Indispensable, avec seuils ethno-centrés origine européenne : ≥ 94 cm/hommes, ≥ 80 cm/femmes.

TG élevées

> 1,5 g/l ou traitement

HDLc bas

< 0,40 g/l : hommes, < 0,50 g/l : femmes

PA élevées

PAS ≥ 130 mmHg et/ou PAD ≥ 90 mm Hg ou traitement

Glycémie à jeun élevée

≥ 1 g/l ou traitement

TG : triglycérides, PA : pression artérielle

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Rédacteur en chef du site Medical Actu; médecin généraliste diplômé de la faculté de médecine d'Alger en 2005 exerçant actuellement comme libéral.

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